05.10.2009

Sur la crise du capitalisme

1041587-1312272.jpgPour comprendre pourquoi surviennent des crises, nous devons partir d’une caractérisation du capitalisme actuel. Je propose donc à l’ensemble des forces anticapitalistes la caractérisation suivante : le capitalisme aujourd’hui, c’est la recherche du profit maximum. A partir de cette caractérisation, on constate deux tendances du capitalisme, qui lorsqu’elles sont réunies provoquent des crises.

Pour comprendre pourquoi surviennent des crises, nous devons partir d’une caractérisation du capitalisme actuel. Je propose donc à l’ensemble des forces anticapitalistes la caractérisation suivante : le capitalisme aujourd’hui, c’est la recherche du profit maximum. A partir de cette caractérisation, on constate deux tendances du capitalisme, qui lorsqu’elles sont réunies provoquent des crises.

La première tendance, c’est l’augmentation de la part des profits par rapport aux salaires, ce qui passe par des restructurations systématiques des entreprises, des licenciements, et finalement par une diminution du pouvoir d’achat.

La deuxième tendance, c’est l’augmentation des investissements dans le but d’éliminer les concurrents et parvenir à s’accaparer du marché.

Il y a d’une part, une diminution de la capacité du marché à acheter des produits, et d’autre part, une capacité de production des entreprises qui se multiplie. On se retrouve avec une crise et plus précisément une crise de surproduction.

Comment est-ce que le capitalisme tente de survivre à ce moment ?

Premièrement, les marchés déjà existants sont exploités encore plus que d’habitude. Donc restructurations, licenciements, baisse d’impôts, affaiblissement des assurances sociales.

Deuxièmement, les capitalistes cherchent à créer de nouveaux marchés. Lorsque le marché de l’immobilier aux USA était saturé parce que près de 70% des américains étaient déjà propriétaires de leur logement et que la couche la plus riche détenait déjà plusieurs maisons, il a fallu créer un marché des ménages non-solvables à travers les subprimes jusqu’à que la bulle éclate.

Troisièmement, la destruction des marchés à travers la guerre. La guerre en Irak a rapporté d’énormes profits à des entreprises de machines de construction. Ce troisième point me permet de passer à la deuxième partie de mon intervention.

Pourquoi la crise n’est pas encore résolue ?

Le capitalisme est en surproduction depuis les années septante. Depuis, la production mondiale a été dopée par l’endettement des ménages américains. La consommation des ménages américains représente 70% du PIB américain.

Le capitalisme est passé de bulle en bulle jusqu’à que la crise touche de plein fouet les Etats-Unis. En plus du capitalisme, ce qui est remis en cause aujourd’hui c’est un système de domination mondiale, l’impérialisme. Les sommets internationaux des grandes économies ont du s’ouvrir aux pays émergeants parce que c’est justement le système de domination mondiale qui est en danger.

L’hégémonie des Etats-Unis sera garantie si le dollar continue à être le pivot du système monétaire international. Et cela passe par en tout cas deux enjeux.

D’abord, la vente du pétrole doit se faire avec du dollar. L’apparition d’échanges de type pétrole contre médecin comme en Amérique latine et la décision de l’Iran de vendre son pétrole en euro doivent disparaître pour l’administration US. Rappelons que Saddam Hussein a commencé à vendre son pétrole en euro dès 2000 et que très rapidement après l’invasion de l’Irak le dollar a été rétabli.

Ensuite, les pays émergeants comme la Chine qui ont accumulé des réserves en dollar doivent selon Washington continuer à revenir aux USA en échange des bons du Trésor.

Cependant, les événements ne donnent pas de signes de solution dans ce sens. En Amérique latine, les pays de l’ALBA créent la Banque du Sud et réfléchissent à la création d’une nouvelle monnaie. La Russie, la Chine et l’Iran font des appels à la création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve. Aussi la Chine hésite de plus en plus à investir dans les bons du Trésor même si elle aura beaucoup de mal à sortir de son modèle d’exportation des produits de consommation pour les USA.

Les mesures protectionnistes se multiplient. La dernière en date vient des Etats-Unis, c’est une taxe de 35% sur les pneus importés depuis la Chine. La guerre en Afghanistan se prolonge. Les menaces de guerre contre l’Iran s’amplifient.

La situation sociale aux Etats-Unis est catastrophique. Les travailleurs qui sont tombés au chômage en automne dernier ne vont plus toucher des indemnités à partir de cet automne. La dette des ménages américains et la dette publique ne risquent pas d’être résorbées avec l’épargne dont l’intérêt n’est pas suffisamment attrayant. Il faudrait que les ménages américains arrêtent de consommer pendant une année entière pour pouvoir payer leurs dettes.

Probablement, avant que le capitalisme ne soit dépassé, des blocs commerciaux à un niveau continental devront se former pour sortir du modèle économique impérialiste avec une augmentation du commerce Sud- Sud.

Pour conclure, les forces anticapitalistes doivent impérativement se mettre d’accord sur une analyse du capitalisme pour avancer vers une coalition politique avec un programme anti-crise autour duquel un mouvement social pourrait se mobiliser.

Notamment, la recherche du profit maximum refute l’idée d’une moralisation du capitalisme. Une limitation des profits et une augmentation des salaires dans le cadre du capitalisme ne nous mèneraient qu’à une prochaine crise. C’est pourquoi ces mesures sont insuffisantes.

L’économie, ce n’est pas une question de morale. Le capitalisme est dans une crise économique. Son dépassement dépend de la capacité des forces anticapitalistes à former une alternative concrète non sur des considérations morales mais à partir d'une critique surtout économique.

L’anticapitalisme au niveau international prend la forme de l’anti-impérialisme. Le capitalisme peut être affaibli si notre mouvement est capable de promouvoir la paix et ne pas tomber dans le piège de la paranoïa médiatique qui stigmatise non seulement le Venezuela et Cuba, mais aussi la Chine, la Russie et l’Iran.

Esteban Munoz
membre de la Commission politique du Parti du Travail

Source: Encre Rouge

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